Voix off
La faille de San Andreas, c’est cette crête qui s’étend sur 1300 km de
long. Un jour, c’est sûr, on ne verra plus la crête, mais un immense cratère.
Ce jour-là, San Andreas aura provoqué un nouveau tremblement de terre,
peut-être le fameux Big One. La dernière fois que la terre a secoué la
Californie, c’était le 24 août dernier : un séisme de 6 sur l’échelle de
Richter, le plus fort enregistré depuis 25 ans. Dans cette partie nord de San
Francisco, dans la Napa Valley, 120 personnes ont été blessées, mais les dégâts
auraient pu être bien plus lourds. Par chance, la terre a tremblé en pleine
nuit. Sherryl n’est pas près de l’oublier : sa maison menace encore de
s’effondrer.
Sherryl Vattuone, résidente à Napa Valley (Californie)
C’était horrible. Ça a duré 22 secondes, ce qui est très long pour un
tremblement de terre. On dormait et le lit s’est mis à trembler de haut en bas,
puis de droite à gauche. Là, je me suis dit, ça y est, c’est fini et en fait
pas du tout ! C’était comme si quelqu’un prenait la maison et la secouait comme
ça.
Voix off
Voilà ce que Sherryl a vécu pendant quelques secondes. Elle ne doit son
salut qu’à son voisin qui est venu refaire les fondations. Car, comme beaucoup
d’Américains, Sherryl n’a pas bénéficié d’aide : ni de l’État, ni des
assureurs.
Mark Connor, résident à Napa Valley (Californie)
La maison penchait de 30 centimètres sur le côté, elle était sur le point
de s’écrouler.
Voix off
Dans la région, certaines maisons sont érigées à flanc de colline. Ces
supports en bois sont censés mieux les protéger des secousses, mais même les
constructions plus récentes demeurent vulnérables. Pour s’en rendre compte,
nous survolons le sud de San Francisco, une région dense à proximité des zones
à risque. Cet enchaînement de roches, c’est une faille et elle menace toute la
baie. Le long de la côte, on distingue même des bâtiments qui, bien sûr, ne
résisteraient pas.
Jacques Cardoze, envoyé spécial à San Francisco (Californie)
Nous sommes ici au-dessus de l’une des failles qui rejoint l’immense faille
de San Andreas, car en Californie, il y a en réalité plusieurs centaines de
failles qui forment comme une toile d’araignée et certaines passent, bien sûr,
sous la ville de San Francisco.
Voix off
Et voilà ce que pourrait donner une alerte au Big One, avec très peu de
temps pour réagir. Ce scientifique réalise des projections, celle qui
toucherait la Silicon Valley ressemblerait à une vague sismique qui déferlerait
sur la ville.
Dr. Braad Aagaardt, institut de surveillance géologique des États-Unis
(USGS)
Nous sommes très proches de la faille. Ce que vous apercevez en noir, c’est
la secousse qui avance à plus d’un mètre par seconde. Vous pouvez voir comment
le sol se déforme, la vague bouge d’avant en arrière, la faille, elle, glisse
de droite à gauche.
Voix off
Cette vague forte, San Francisco l’a connue à deux reprises : en 1906 et en
1989. Depuis, des progrès ont été réalisés. Les ponts, désormais, sont
renforcés et doivent pouvoir supporter de très fortes secousses. Mais pour
l’ancien maire de la ville, celui qui était aux affaires en 89, le pire demeure
envisageable.
Art Agnos, ancien maire de San Francisco
Le pire scénario, ce serait un tremblement de terre de magnitude 8,2 ou
8,5. Aucune ville, quelle qu’elle soit, n’a la moindre chance d’y résister. Ça
dépasserait largement ce que nous connaissons à ce jour en matière de
construction antisismique.
Voix off
Il n’y a aucun moyen de prévoir un tremblement de terre. Seule certitude,
il aura lieu, a priori d’ici 2030. En 1906, 3000 personnes avaient péri pour
400 000 habitants ; 100 ans plus tard, la population de la ville a doublé.
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